La cour de Nassim - LAB-École
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La cour de Nassim

10Dans notre dernière publication, nous avons souhaité faire entrer les lecteurs dans la cour des enfants. Des enseignantes ont pris la plume et se sont mises dans les souliers d’élèves fictifs pour raconter leur arrivée, leurs expériences et leur vision de leur cour d’école. Myra Auvergnat Ringuette nous fait découvrir la cour de Nassim, une cour sur la toiture, dans un cœur villageois, en été.

Pour accéder à la publication Penser la cour de demain, cliquez ici.

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« Je ne trouve pas ma casquette, Nassim ! »

De la maison vers l’école… en bus et en trottinette

Je pointe les manches de la veste de ma petite sœur, lui indiquant la petite bosse formée par son chapeau scintillant. Hana se met à rigoler comme elle seule sait le faire et se tape le front. Je l’aide à enfiler son sac à dos et on quitte notre maison de coin de rue en briques rouges. Elle attrape sa trottinette pliante, puis me prend la main pour traverser la rue sur le passage piétonnier qui mène à l’arrêt d’autobus. Pas d’inquiétude, on ne fera pas de trottinette en s’accrochant à l’arrière du bus. C’est que, depuis deux ans déjà, on a l’autorisation de descendre un peu plus loin de l’école pour faire un bout du trajet à pied. Même que ce sont les élèves qui ont pris l’initiative de réaliser ce projet ! Comme les chauffeuses d’autobus sont super gentilles, elles ont accepté qu’on apporte nos trottinettes pour le reste du trajet.

Un trajet stimulant au cœur du village

Trois soleils dans la buée de ma fenêtre plus tard, l’autobus nous dépose à l’entrée du quartier. Pendant qu’Hana se met à rouler sur son bolide vert et mauve, je regarde les iris en fleur. C’est toujours une surprise de voir la beauté que la nature fabrique, on dirait des créatures magiques ailées. Un peu comme dans Harry Potter ! Hé oui ! Je sais c’est qui, Harry, je suis rendu au troisième tome. C’est parce que mon enseignante, madame Laurence, elle a-do-re la série ! C’est même le Choixpeau qui choisit nos équipes en classe ! D’ailleurs, au prochain coin de rue, il y a une librairie vraiment géniale qu’on a déjà visitée avec ma classe. D’habitude, dans les magasins, les vendeurs n’aiment pas trop ça que les enfants viennent fouiner partout, mais là, c’est différent à cause de Paolo. Il dit toujours que si personne n’ouvre les livres, les mots vont finir par s’endormir et ne seront plus capables de raconter les histoires. Ah ! Ah ! Ah !

La cour dans les nuages

« Tu pourras me lire celui-là dans les nuages à la récréation du midi, Nassim ? », me demande Hana en faisant de grands yeux de chat.

Les nuages, ce n’est pas vraiment dans le ciel, mais presque. C’est le nom qu’on a donné à la cour sur le toit de l’école. Et quand on s’allonge dans les hamacs accrochés dans les modules, on a vraiment l’impression d’être dans les nuages. « Bonne idée ! »

Ma sœur sourit et essaie de me faire un clin d’œil, mais c’est tout son nez et sa bouche qui se plissent en même temps, alors je ris encore quand on arrive au coin de la rue. Mon ami Flavien est assis dans les marches du centre communautaire, où on suit nos cours de judo, et me demande quelle bonne blague il vient de manquer. « C’est moi la bonne blague ! », répond Hana avec un air coquin. En traversant la rue, on aperçoit notre « cour dans les nuages » où plusieurs enfants s’amusent déjà à courir entre les rayons du soleil.

 Le jardin ouvert à la communauté

En approchant du jardin, Flavien salue monsieur Jean, qui commence à installer la structure de la serre. On peut s’inscrire au Pouce vert estival si on veut venir s’en occuper pendant les vacances. Ça fait spécial de venir ici pendant l’été, mais j’aime ça. C’est comme si mon école avait une deuxième vie…

Tout à coup, j’entends quelqu’un rire aux éclats derrière moi. C’est madame Josée, notre « faiseuse de possibles ». Ce n’est pas ça qui est écrit sur la porte de son bureau, mais c’est ce qu’elle a collé par-dessus avec du papier brillant. Elle est assise sur une table de piquenique et elle regarde la bande dessinée que lui montre Lou. À voir les yeux de l’artiste, il est fier d’avoir provoqué une réaction aussi… sonore !

Avant de monter les escaliers qui mènent à la cour sur le toit, Flavien sort un livre de son sac. Je sors mon précieux Harry tome 1. J’ai vraiment hésité avant de lui proposer l’échange, puis j’ai pensé à ce qu’aurait fait Paolo. En plus, ça va me permettre de découvrir… Olga ou Élise ? Je me mélange parfois entre les titres et les noms des auteures, mais c’est un peu pareil finalement, non ?

Jouer dans la butte, en toute saison

Un peu plus loin, je peux voir quelques enfants de maternelle dévaler la colline en roulant. Ils essaient de se relever, mais retombent aussitôt en poussant de grands éclats de rire. L’hiver dernier, Flavien et moi, on a fabriqué une luge au labo créatif et on a gagné le concours de vitesse en descente ! Zoooouuum ! De vraies fusées !

Sur le terrain de basket, j’aperçois quelques copains et copines de ma classe se disputant un match serré. Flavien salue de la main sa cousine, qui encourage les sportifs, debout dans les gradins. Roseline, alias la grenouille, s’élance et saute pour faire un panier, mais le ballon décide de prendre une autre direction et rebondit jusque dans les filets qui ceinturent la cour. Ah zut ! C’était proche !

Le repère des étoiles

Hana me fait un câlin avant d’aller rejoindre ses camarades au repère des étoiles. C’est comme ça qu’ils ont décidé de baptiser le rangement où un responsable de 6e année distribue les ballons, cordes à danser et autres jeux pour la cour. C’est là que certains amis se regroupent pour préparer des numéros pour le spectacle de fin d’année. Chut ! c’est un secret !